TCA's world

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Ce qu'il reste de la vie

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Ana, ma chère ana
Tu me rends si forte, et si misérable. Je me sens laide, coupable, inutile. Des fois j'aimerai tout arrêter. J'aimerai prendre mon envol comme tu me l'as si souvent suggéré. Pourtant je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à oublier la petite fille que j'étais et qui n'est plus qu'un tas de poussière. Elle me manque. Où es tu, Elsa, ma Elsa, celle qui faisait de moi une enfant joyeuse, pleine de vie, celle qui s'intéressait à tout, qui aimait tant rire et chanter, celle qui de chaque jour profitait ? Où est elle ?
Oh bien sur, la vie n'était pas toujours rose. Cruel monde d'enfants puis d'adolescents dans lequel je ne trouvais pas ma place. J'ai trop souvent souffert des ces amitiés perdues, souffert d'espérer encore et encore que je m'intègrerai.
J'enfouissais au plus profond de moi une blessure, laide et repoussante. La blessure de se sentir seule, de ne pas pouvoir compter sur une amie. L'amour de mes proches ne suffisait pas. Les mois passaient. Et chaque jour un peu plus tout s'écroulait.
Comme si cela ne suffisait pas, entre harcèlements divers, insultes, coups et menaces, il a fallu que mon corps commence à changer. Je croyais que l'on s'aimait, toi et moi, satané corps, je croyais que ce serait toi qui m'obéirait et que nous serions libres. Je suis devenue ton esclave.
Et puis un jour je t'ai rencontrée. Ana. Sans en avoir conscience j'avais franchi la porte de ton antre depuis laquelle on ne peut repartir.
Tricheries. Mensonges. J'avais basculé dans cette spirale infernale. Les mois passaient et je devenais de plus en plus dépendante. J'ai alors connu une hospitalisation. Cinq mois. Quand on m'a laissé ressortir, je refusais toujours de me voir malade, je refusais encore et encore de grossir, mais j'avais l'impression de revivre.
Tu es revenue au grand galop alors que tout le monde, sauf moi bien sur, espérait que tu étais en train de partir.  Il aura suffit d'une réflexion pour que l'histoire recommence, en pire peut être. Les vomissements, les multiples stratagèmes pour reperdre tout ce poids pris durant l'hospitalisation.
Actuellement je suis perdue. Tu as réussi à me rendre malheureuse et triste de nouveau, mais bizarrement je ne t'en veux pas. Au contraire j'ai l'impression que malgré tout tu m'as apporté un peu de bonheur.
Ce que je voulais vous dire, filles comme garçons en proie au même mal, c'est que vous devez profiter de la vie, même si c'est dur. Je ne suis sans doute pas la mieux placée pour en parler... Moi j'ai choisi ma voie. J'ai choisi de me détruire parce que je sais qu'au fond je le mérite. Mais vous, non. Vous êtes des personnes exceptionnelles.
J'espère que dans ce témoignage certains auront peut être trouvé un peu de soutien...
Elsa Varam

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