TCA's world

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Pas de côté

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Ce matin, il faisait beau, le soleil brillait, il faisait chaud, les oiseaux chantaient.
Je me suis levée, lavée, pesée. Je faisais 35,1 kilogrammes, il faisait 21 degrés celcius. J'avais pris 300 grammes et rendez-vous pour midi à l'hôpital. Ma mère voulait que l'on parte pour onze heures, et nous le fîmes. Arrivées une demi-heure plus tard, nous avons tourné quelques minutes sur le parking, attendu brièvement aux étiquettes, patienté un quart d'heure en salle d'attente. 
Première consultation à midi pile, avec l'algologue. C'est un terme peu connu qui laisse ses auditeurs perplexes, et qui désigne un spécialiste de la douleur. En l'occurrence, il s'agit d'une spécialiste. Isabelle, 52 ans, sans enfants, anesthésiste. C'est une dame pétillante, agréable et maternelle. Lorsqu'elle est venue me chercher en salle d'attente, elle s'est exclamée :
" Je suis contente de te voir ! "
Nous sommes entrées dans le local de dix mètres carrés à peine qui lui sert de bureau. Nous avons discuté quant à ma douleur. Elle comptait transmettre mon dossier sur Saint-Étienne pour l'année prochaine, pour que je sois suivie juste à côté de la fac, car il était pour elle impensable que je fasse mes études sans suivi. Firent suite à cette annonce de nombreuses explications quant à ma forte sensibilité à la douleur, mon ressenti de cette dernière, mon manque de confiance en moi, et mon instabilité émotionnelle, entrecoupées de moult " Ça te semble envisageable ? " auxquels je répondais par de vagues hochements de tête accompagnés de faibles " oui ".
Enfin, nous prirent congé, et nous partîmes manger. L'ombre d'un drame survolait celle de ma mère, et celle, plus frêle, de mon corps. Le funeste destin aux ombrages sournois se profila lors du moment désinvolte de l'achat du repas à la boulangerie de l'hôpital. Je choisis en pensant faire au mieux, m'accordant cependant le loisir d'un dessert et d'un paquet de bonbons, dont je savais d'avance la quantité susceptible de terminer dans mon tube digestif. Le repas terminé, la culpabilité m'envahit. Sans le savoir, je l'apprendrai plus tard, j'avais ingurgité pour 731,7 calories de sandwich chèvre tomate salade, 435 calories de muffin à la myrtille, et 32 calories supplémentaires largement inutiles de huit malheureux dragibus.
L'heure de ma seconde consultation arrivait. Je devais rencontrer la remplaçante de ma psychologue. J'appréhendais grandement. Je ne savais d'elle que son prénom, Morgane. Morgane s'avérera être une jeune femme très souriante et humaine, avec qui le courant passa bien, certainement mieux qu'avec sa prédécessrice. Au bout d'une demi-heure, peut-être moins, en nul cas plus, elle m'amena à parler de mon anorexie. Pour la première fois, j'en ai parlé en toute honnêteté. Je crus qu'elle allait pleurer, et crains qu'elle ne me crut. Jamais elle ne chercha à interpréter ce que je lui disais, contrairement à sa prédécessrice. Elle ne dit mot à ma mère sur notre entrevue, et nous fixâmes deux nouveaux rendez-vous dans le courant de l'année.
La prochaine étape est la psychiatre. J'ai une peur incroyable qu'elle ne me croie pas lorsque je lui parlerai de mon anorexie, et que mon entourage le nie si jamais le diagnostique tombe.
Samedi, nous voyons de la famille pour fêter les treize ans de ma petite sœur. Je dois à tout prix éviter de manger trop, comme aujourd'hui.
J'avais besoin d parler.
Bonne fin de journée à toi,
Courage 🍀
17 ans / 1m53 / 36kg
Objectif : 39kg / Guérison
Anorexie mentale / Non vomitive / Diagnostiquée
Suicidaire / Ehlers-Danlos / Fibromyalgie
Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l'esprit.

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Salut!
Ne te prive pas de manger pour l'anniversaire de ta soeur, mange ce que tu veux. L'important ce n'est pas de manger le moins possible, c'est de te faire plaisir, tu as le droit de manger. Profite de ta fête en famille!
Pourquoi ta psychiatre ne te croyais t'elle pas? Ce n'est pas parce que ta famille le nie que tu n'est pas malade.
Enfin bien sur tout ça ce n'est que mon avis, mais quand même)
Je voulais te dire aussi (ce qui n'a absolument rien avoir) que tu écris très bien et que ton texte est très beau.
Voilà c'est tout. Plein de courage et bonne fin de journée.
Ida, 14 ans, Boulimie-anorexie (non diagnostiqué)
IMC départ: 24.7 / IMC actuel: 25.2 / IMC objectif: 18.1
"Come as you are, as you were, as I want you to be..."

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Bonsoir, @IamIDA@,

Malheureusement, ce n'est pas ainsi que cela fonctionne. S'il ne tenait qu'à moi, je ne mangerais rien du tout. Lorsque je me "fais plaisir", je culpabilise beaucoup trop après...
Je crois que tu m'as mal comprise, je n'ai pas dit que ma psychiatre ne me croyait pas, puisque je ne l'ai pas encore vue, mais que je craignais que ce soit le cas, puisque pour ma famille, je suis une gourmande de bonbons qui veux faire son intéressante et se donner de l'importance. Ce sont ces raisons qui m'ont poussée à craindre que ma psychologue ne me croie pas lorsque je lui en ai parlé cet après-midi. J'ai très peur de la réaction de ma famille, surtout de celle de mon père, qui risque de dire que c'est du n'importe quoi et que je veux juste faire mon intéressante pour que l'on me remarque...
Je te remercie pour ton aide, ainsi que pour ton compliment.
Bonne fin de journée à toi aussi, et merci encore ❤
17 ans / 1m53 / 36kg
Objectif : 39kg / Guérison
Anorexie mentale / Non vomitive / Diagnostiquée
Suicidaire / Ehlers-Danlos / Fibromyalgie
Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l'esprit.

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Oui peut comprendre.
Bonne nuit.
Ida, 14 ans, Boulimie-anorexie (non diagnostiqué)
IMC départ: 24.7 / IMC actuel: 25.2 / IMC objectif: 18.1
"Come as you are, as you were, as I want you to be..."

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