TCA's world

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J'ai l’impression de ne pas être légitime ...

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Coucou tout le monde, je vous raconte ma petite déprime du soir...

C'est quelque chose qui me trotte de temps en temps dans la tête. J'ai souvent l'impression de ne pas être "légitime" vis-à-vis des TCA ... Je vous explique.

Concrètement, tout va bien dans ma vie. J'ai un chéri qui vit avec moi, j'ai des amis (pas beaucoup, mais c'est un choix), un appart qui m'appartiens, je fais des études sympa, j'ai une famille adorable...
Je n'ai jamais eu de soucis dans ma vie, je suis quelqu'un de forte, qui affronte tout avec une grande désinvolture. Rien ne peu m'atteindre, j'ai l'impression et tout va bien. Alors je me dis que je devrais pas me traîner des TCA.

Je me demande pourquoi tout ça. Je me m'en fout royalement du regard des autres mais je suis extrêmement dure avec moi-même. Parfois j'ai l'impression que tout ça a débuté parce que je fais des caprices de petite fille pourrie-gâtée qui n'aime juste pas son apparence.

Ou encore, je ne me sens même pas légitime dans mes TCA. Parfois, j'ai juste l'impression de me monter la tête toute seule. Je n'ai jamais été diagnostiquée, j'ai toujours très bien caché à mon entourage. J'ai presque l'impression de ne pas être assez "malade" pour être légitime. Que tout va trop bien. Que mon poids est trop haut, que si il y avait vraiment un problème, quelqu'un aurait bien remarqué quelque chose.

Je suis dans l'univers des TCA depuis presque dix ans. J'ai eu une longue période restrictive mais limitée vue que je vivais chez mes parents à l'époque. Puis une fois que je vivais seule, des années de boulimie, dont deux années vraiment hard ou je me tapais jusqu’à six crises tous les jours, à perdre la quasi totalité de mes journées à manger et vomir. Des phases où j’arrivais presque à manger normalement, et puis rebelote.

Et maintenant, où j'essaye de manger correctement, mais tout en perdant ce putain de poids, à compter chaque calorie, à me prendre le chou après la moindre bouchée... Tout ça; malgré tout ça, je ne me sens pas légitime.
J'ai l'impression de m'être montée la tête toute seule comme une grande, qu'en fait je n'ai pas de TCA ou quoi, que tout va bien, que je ne suis pas assez malade pour entrer dans cette catégorie. Que tout va bien.

Je sais que c'est complètement con comme raisonnement, que c'est très probablement faux, que je peux pas avoir fait "semblant", même inconsciemment, depuis tellement d'années...
Désolée du pavé, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ....
24 ans - 1m59 - Objectif 45 kg!
*
Tca: Non-diagnostiquée, ano/BV/Bnv

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Bonsoir,

Je comprends parfaitement ce que tu veux dire. J'ai le même genre d'histoire que toi (Je ne suis juste pas boulimique), et le même raisonnement. Il m'a fallu être menacée d'être hospitalisée, peser 31kg et inquiéter tout mon entourage pour être enfin soulagée, me dire, "tu vois, t'as pas fait semblant". Mais je ne te le souhaite pas. Mieux vaut ne pas être rassurée. J'ai été confortée dans la maladie, et j'ai cherché à m'y enfoncer au lieu de m'en sortir, après ça. J'étais trop fière de moi. J'ai été menacée 5 fois en 8 ans. J'en ai 18, tu vois, mais quand on a 10 ans, douée en classe, jolie, gentille, tout ça, quand on renvoie cette image, on ne peut pas être anorexique, on n'a pas le droit. Et quand on en a 18, qu'on est en fac de médecine, qu'on a un chéri adorable, des amis, une super famille, et surtout, une jumelle en surpoids, on n'a pas le droit non plus. Mais tu vois, toi, tu le vois. Tu en as conscience. Peu importe de quoi c'est parti, si tu as fait ou non semblant à un moment. Il n'y a pas de légitimité dans la maladie. Jamais. Quelle que soit la maladie. La maladie frappe au hasard. Bien sûr, un hasard calculé. Il y a des facteurs de risque, ce genre de choses. On peut être très souriant, resplendissant, agréable, présent pour les autres, et dépressif. Quand on est malade, ce n'est pas important, la légitimité. Ce qui l'est, c'est la guérison. Tu as le droit d'être malade. Tu as le droit de guérir. Le simple fait que tu parles de tout ça t'apporte la légitimité que tu es venue chercher. La maladie n'est pas notre identité. Elle en fait juste partie.
18 ans / 1m53 / 37kg
Objectif : 39kg / Guérison
Anorexie mentale / Non vomitive / Diagnostiquée
Suicidaire / Ehlers-Danlos / Fibromyalgie
Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l'esprit.

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Merci de m'avoir répondue, je me sens tellement moins seule maintenant. Vraiment, ça me rassure énormément !

Je comprend totalement ce que tu dis, surtout quand tu parles de "ne pas avoir le droit". Je me dis aussi ça tous les jours. Alors merci, je suis tellement rassurée que tu me comprennes !

La maladie n'est pas notre identité. Elle en fait juste partie.
Oui, totalement! Mais certains jours, surtout au pire de mes périodes boulimie, à ne rien faire d'autre de mes journée, si on m'avais demandé qui j'étais à ce moment là, à part répondre que j'étais boulimique, je n'aurai même pas su quoi dire. Et vu que c'est loin d'être un truc dont j'ai envie de parler autour de moi, je ne dis rien. La maladie, et juste le vide autour. C'est super triste. 
Maintenant que je vais un peu mieux, j'ai quelques autres trucs à dire, heureusement !

Tiens, pour l'anecdote. Quand j'étais au lycée, à la suite d'une rupture, une fille de ma classe était très déprimée et a arrêté de manger, et fatalement a perdu pas mal de poids très rapidement. Tout le monde est devenu super gentil avec elle, à s'en occuper, à la bichonner pour qu'elle aille mieux.
Heureusement pour elle, cette histoire a duré moins de deux mois, après ça elle allait beaucoup mieux, avait recommencé à manger et repris son poids d'avant. 
C'était une histoire qui avait fait beaucoup de bruit, elle en parlait haut et fort, postait sur facebook des photos d'elle sur sa balance, avec des mots genre "encore moins un kilo, il (probablement son ex) va voir maintenant"... 
Moi, pendant ce temps, tout en m'occupant d'elle pour l'aider à aller mieux, je me demandais pourquoi elle avait le droit à tellement d'attention, qu'elle était devenue "la meuf anorexique de pemière L", alors que moi je m'emmerdai tous les jours à cacher que je ne mangeais pas, à montrer à tout le monde que tout allait bien... C'est stupide, mais j'ai vraiment vécu ça comme une grosse injustice ^^' (oui oui, j'étais un peu bête à l'époque).
24 ans - 1m59 - Objectif 45 kg!
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Tca: Non-diagnostiquée, ano/BV/Bnv

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C'est normal que je t'ai répondu, je n'allais pas ignorer ton message alors que j'étais de passage !
Heureuse de te savoir rassurée, en tous cas ! Je t'avoue que moi aussi, ça m'a rassurée de voir que je n'étais pas la seule avec ces interrogations !

Et oui, pendant une très longue période, je me définissais, tout comme toi, par mon trouble alimentaire. J'en ai cependant parlé à quelques amis, dont celui qui est devenu mon chéri, mais ils doivent être quatre ou cinq au courant, tout au plus. En parler fait vraiment du bien, même si personne ne comprend et que tout le monde m'a dit de me forcer (hormis mon chéri qui m'a aidée à m'en sortir). C'est affreux, d'en arriver à ne plus savoir ce qu'on aime et ce qu'on est dans la vie, hormis un.e malade qui aime sa maladie, sa nouvelle identité, la sensation d'avoir quelque chose d'invisible et de presque sacré à revendiquer, une façon de dire "regardez, je souffre, moi aussi".

L'histoire de cette camarade de classe me rend triste pour elle, et je suis heureuse qu'elle ait pu reprendre le dessus sur sa souffrance. D'un autre côté, je suis triste pour toi, puisqu'elle a, en quelques sortes, réussi là où tu as échoué : elle a mis sa souffrance au premier plan, la maladie lui a servi d'appel à l'aide, alors que toi, et plus largement, que nous, elle nous sert juste de fardeau, de petit post-it délavé pour nous rappeler que l'on va mal, au fond de nous.
18 ans / 1m53 / 37kg
Objectif : 39kg / Guérison
Anorexie mentale / Non vomitive / Diagnostiquée
Suicidaire / Ehlers-Danlos / Fibromyalgie
Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l'esprit.

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C'est très courageux de ta part d'avoir parlé de tes problèmes à ton entourage, même si ce n'est que quelques uns! Tu peux être fière, ça a du être dur.
Moi j'aurai trop peur d'en parler et de recevoir la réponse, comme tu as dit "force-toi". Tu dois avoir un chéri formidable! Le mien, je ne suis pas sure qu'il comprenne, il me dirait surement quelque chose du genre, "mais arrête, tu es très bien, tu es déjà mince, te prends pas la tête comme ça". Mes parents... pas moyen, ça leur ferai trop de mal, eux qui ont toujours tout fait pour me rendre heureuse, se demanderaient où ils ont merdé.

Oui, heureusement pour elle, elle s'en est très bien sortie! Je pense qu'à l'époque, j'était surtout jalouse du fait qu'elle ai réussi à appeler à l'aide alors que moi j'en étais incapable. Au final, même si elle l'a fait en mode méga drama (crois-moi, je pèse mes mots, je me souviens encore du bordel que ça avait provoqué dans mon lycée ^^), à crier sa douleur à qui voulait bien l'entendre, et à ne parler plus que de ça, au moins elle s'en est sortie. C'est elle qui avait raison et que si j'avais osé dire que moi non plus ça n'allait pas, je ne serais peut-être plus coincée là dedans aujourd'hui ! Mais je crois qu'à l'époque, je me disais que les gens penseraient surement que je voulais faire mon intéressante, qu'on ne me prendrait pas assez au sérieux vu que je n'étais pas aussi maigre qu'elle... donc en somme que ça ne servirait à rien.
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Ce n'était pas si difficile, étant donné que tout le monde s'en doutait. Et puis, j'avais vraiment besoin d'en parler, quand je l'ai fait. À ce stade, je m'en fichais, de ce que penseraient de moi les autres. J'avais juste besoin d'être reconnue comme "l'Anorexique". Ils ont tous dit qu'ils s'en doutaient, que ça ne changeait pas qui j'étais. Étant petite, avec beaucoup de formes malgré le sous-poids, ça ne se voyait pourtant presque pas, selon moi. Mais à force de côtoyer un malade, qu'on connaisse ou non son état, on voit que quelque chose ne va pas. Quand on ne va pas bien, on n'a pas besoin de le crier sur les toits, comme l'a fait cette jeune fille de ton lycée. Mes parents doivent savoir que je suis malade, alors que je ne leur en ai jamais parlé. Des personnes que je ne connaissais pas, au lycée, sont venues me voir pour me demander si j'étais anorexique. Qu'on le porte sur notre visage ou non, qu'on décide de le dire ou non, tout le monde le sait. Tu aurais peut-être dû en parler, mais tu as été altruiste, là où d'autres sont égoïstes : tu veux préserver tes parents, et tu as choisi d'aider quelqu'un alors que tu n'en méritais pas moins. C'est bien d'être altruiste, mais il faut aussi penser à toi. Ça serait bien aussi qu'un jour tu puisses dire à ton chéri ou à tes parents « Aujourd'hui, ça ferait 14 ans que je suis anorexique ». En parler, c'est aussi s'en débarrasser. Je suis certaine que ton entourage comprendrait. Ça le rassurerait, de mettre un mot sur tout cela, j'en suis sûre, parce que tout le monde finit par s'en douter.
18 ans / 1m53 / 37kg
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Un jour, pet-être que je trouverai la force d'en parler, même si ce n'est pas pour tout te suite. Je l'espère en tout cas. Mais je veux tellement préserver mes proches... ma mère, en particulier, qui s’angoisse déjà dès que je couve une petite grippe. J'ai peur que ça ne soit trop dur pour elle à supporter.

En tout cas, pour l'instant, comme j'essaye d'aller mieux, je vais mettre ça de côté. Mais si je vois que je rechute trop, je crois que cette fois j'essayerai d'en parler, au moins à mon chéri ou à une amie, histoire d'avoir au moins quelqu'un de mon entourage dans la confidence.

En tant que principalement boulimique, les changements sur mon corps ont été beaucoup moins visible, avec une perte de poids quand même plus lente, du coup, même ma famille disait des trucs du genre "ah, tu as fini par perdre tes rondeurs de bébé" ou "ah, c'est ça que ça donne quand on ne se ressert pas trois fois au goûter". Dans ma famille, c'est tous des bons vivants avec une passions pour la bonne bouffe (excepté mon cousin et ma cousine, qui ont surtout la passion du grignotage). Du coup une grande partie de ma famille est en surpoids, certains même en obésité. Je leur ai juste dit que depuis que je vis seule, je mange plus sainement et que j'ai arrêté les cochonneries genre apéro et autre. Et c'est passé comme une lettre à la poste.
Parfois mes parents me font des petites remarques comme "t'es vraiment un poids plume, surtout comparé à nous"... mais ça s'arrête là.
24 ans - 1m59 - Objectif 45 kg!
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Tca: Non-diagnostiquée, ano/BV/Bnv

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Bonsoir,

Je te souhaite de pouvoir en parler un jour, mais surtout, je te souhaite de t'en sortir. C'est ce qui importe réellement. Je comprends qu'au vu de ton entourage, tout ceci soit difficile. Focalise-toi surtout sur la guérison ! En parler peut t'aider, mais si tu sens que ton entourage ne supporterait ou ne comprendrait pas, seule toi peux en juger.
18 ans / 1m53 / 37kg
Objectif : 39kg / Guérison
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Merci Eugène 
Oui focus guérison, le reste on verra plus tard !
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